L’art comme agent transformateur urbain

Traces

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L’art comme agent transformateur urbain

Matinée

9:30 à FLOW
Avec Rebecca Davies & Anna Francis (UK), Cuesta (FR), Agathe Voisin & Clément Thiry (BE), Joon-Lyn Goh (MY/UK)

Après-midi

14:00 au Marais Wiels
Avec Les Fé·e·s du Marais (BE), un atelier collectif par Cuesta (FR) & Anna Czapski (BE), un jeu/performance de Rebecca Davies & Anna Francis (UK)

19:00 au Marais Wiels
Performance de Laurent Petit/ANPU (Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine) (FR)

(image: Rebecca Davies & Anna Francis)
(image: Rebecca Davies & Anna Francis)

Rebecca Davies & Anna Francis (UK)

_The Portland Inn Project _

Les artistes Rebecca Davies & Anna Francis ont créé The Portland Inn Project CIC en 2016 dans un quartier résidentiel de Stoke-on-Trent. En collaboration avec d'autres artistes, organisations et résident·es, un pub a été rénové et toute une dynamique locale enclenchée. Elles disent : «Nous croyons au pouvoir de l'art : en tant qu'outil pour communiquer notre histoire, représenter les besoins des gens d'ici et créer un espace pour que les communautés se rassemblent et apprennent.»

Ce projet qu’elles présentent à l’occasion de Feral plaide en faveur de changements portés par les gens et défend l'importance de l'art dans la conduite de ce changement, ainsi que dans la coopération avec les services publics.

Rebecca Davies est originaire de Londres et vit à Stoke-on-Trent. Sa pratique est profondément ancrée et collaborative et croise l'illustration, le design, la performance et la création d'événements. Son travail explore le rôle de l'art dans le changement, en tant que dispositif et plateforme, pour représenter et communiquer des histoires et des politiques complexes.

Anna Francis est artiste et chercheuse. Elle crée des espaces pour discuter et mobiliser les ressources de la ville, par le biais d'interventions artistiques participatives. Elle crée des situations pour elle-même, le public et d'autres artistes afin d'explorer les lieux différemment. Ces dernières années, les interventions sur lesquelles Anna a travaillé se concentrent sur la ville de Stoke-on-Trent et utilisent un processus de recherche-action pour identifier les ressources inexploitées, soigner les sites désaffectés de la ville. Anna souhaite ainsi mieux comprendre le rôle des artistes, des organisations artistiques et des communautés dans le développement des lieux.

The Portland Inn Project

Projet Traversées & Escales dans la vallée de la Vilaine (image: Cuesta)
Projet Traversées & Escales dans la vallée de la Vilaine (image: Cuesta)

Cuesta (FR)

La pratique de l’urbanisme culturel

Alexandra Cohen et Agathe Ottavi sont membres fondatrices et directrices associées de la coopérative Cuesta. Elles y développent depuis 8 ans un savoir-faire original, en réseau avec plusieurs artistes et acteurs culturels français, qu’elles ont nommé “l’urbanisme culturel”. L’urbanisme culturel regroupe l'ensemble des pratiques qui contribuent aux projets de transformation des territoires dans la visée d’une plus grande habitabilité pour les humain·es et les non-humain·es. L’urbanisme culturel consiste en la mise en œuvre d’interventions artistiques et culturelles situées qui créent les conditions de la capacité à agir pour les habitant·es et les usager·es. Ce champ interdisciplinaire s’inscrit à la fois dans les enjeux contemporains des transitions et dans la conjonction de plusieurs histoires : celle de l’urbanisme, celle de l’histoire de l’art, celle des politiques culturelles et celle de l’éducation populaire. Cette démarche trouve sa place et son sens à de multiples endroits de la fabrique des territoires : scénographie urbaine, usages, ambiances, relations sociales, production symbolique.
Elles présenteront des exemples et des outils développés au cours de leurs projets notamment ceux qui concernent les questions écologiques et sociales et font écho à la problématique du Marais Wiels.

Pendant 10 ans au sein de l’agence Arter, Alexandra Cohen met en œuvre de nombreuses expositions et manifestations artistiques dans l’espace public. Après avoir suivi SPEAP en 2013/2014 (programme d’expérimentation en arts et politiques à Sciences-Po), elle renoue avec l’approche des sciences sociales et la conviction du rôle des artistes dans la société et la fabrique des politiques publiques. Elle est co-fondatrice et directrice associée de Cuesta depuis 2015.

Agathe travaille depuis plus de vingt ans sur les relations arts, culture, espace public, aménagement. Avant de co-fonder Cuesta en 2015, elle participe à l’émergence de Dédale, association hybridant l’art, les technologies et les territoires. Elle intègre ensuite l’agence de production Arter au sein de laquelle elle coordonne des grands programmes artistiques dans l’espace public, pérennes ou événementiels et met en place un pôle de conseils arts/aménagements. Cette expérience lui donne envie de renouveler la place de l’art dans le champ des territoires et des sociétés, ce qu’elle s’exerce de faire avec Cuesta dont elle est co-fondatrice et directrice associée.

Cuesta

(image: Agathe Voisin & Clément Thiry)
(image: Agathe Voisin & Clément Thiry)

Agathe Voisin & Clément Thiry (FR/BE)

Présences d'usages

Pour Agathe Voisin & Clément Thiry, l'aventure est avant tout urbaine. Iels passent des heures à arpenter la ville, et à observer comment elle s'organise, s'abandonne, se transforme et se renouvelle. Cela leur permet de comprendre les énergies qui l'habitent et de sentir les vibrations qui la pétrissent. Leur perception s'aiguise en écoutant ses bruits, le jour comme la nuit, ses silences, ses cris de vie, ses chants de camions et ses crissements de béton. Autour du pont Pierre Marchant, Agathe et Clément sont resté·es attentif·ves aux espaces indéfinis et façonnables et à la manière dont différentes présences et différents esprits les habitent. Iels vous proposent une expérience d'immersion dans ces lieux ainsi qu'une réflexion collective sur la manière dont les habitant·es parfois s'en emparent. Des aménagements spontanés fleurissent, des légumes poussent et la ville revêt ainsi des formes nouvelles qui défient la norme.

Agathe Voisin est architecte, urbaniste et plasticienne. Elle arpente la ville, et la modèle avec ses habitant·es. Son milieu de prédilection est l’espace public. Elle s’est concentrée par le passé autour des enfants en imaginant avec eux les cabanes de leurs rêves ou des parcours de bosses. Depuis un an, elle se consacre à des expérimentations et recherche collectives qui valorisent les pratiques autonomes et spontanées de fabrication de la ville. Elle est investie au sein de divers collectifs d'art public et associations de lutte urbaine pour préserver les dernières friches de la ville et augmenter l’espace accessible aux habitant·es.

Clément Thiry chante, dessine et réalise des installations tout en effectuant des marches citadines nocturnes afin de collectionner les espaces sous-éclairés de la ville. Ensuite, il construit des nids dans lesquels il expérimente le sommeil pour repenser notre quotidien. Il vogue ainsi du rôle d’architecte précaire à celui d’endormeur. Il construit en tissant et mêlant matériaux organiques et industriels. Il utilise ce qu’il trouve lors de ses errances. La marche fait partie intégrante de sa pratique. Ses constructions fragiles se conçoivent par addition, empreinte et nouage. Ce qui ne tient pas est consolidé plutôt que refait. Il fait également partie du collectif de théâtre d’objet Boîte à clous et du groupe de punk pour enfants Gyrophare.

https://index.nadine.be/sunset-autoroute/

(image: Briony Campbell)
(image: Briony Campbell)

Joon-Lyn Goh (MY/UK)

Imaginer des villes qui nous permettent d’en partir comme de nous y installer

À travers les mouvements sociaux et notamment ceux qui concernent les droits des migrant·es, s’expriment des désirs collectifs pour nos villes, pour ces espaces que nous nommons notre “chez soi”. Car s’organiser pour l'abolition des frontières, le droit de rester ou le droit d’asile, c’est aussi construire un nouvel imaginaire. Comment les villes pourraient-elles mieux accompagner notre capacité à nous déplacer ou à demeurer?

Comment pouvons-nous nourrir et ressourcer l'imaginaire et l'expérimentation au sein des mouvements sociaux et les légitimer comme un rouage essentiel de la fabrique de la ville ?
Joon-Lynn présentera le travail et les recherches en cours de Migrants in Culture, une agence de design dirigée par des migrant·es basée à Londres (UK). Elle partagera également les enseignements tirés de Saturday School, un espace de pratique permettant aux organisateur·ices migrant·es d'incarner, d'imaginer et de concevoir l'abolition des frontières.

Joon-Lynn Goh travaille les liens entre art et infrastructure. Elle considère l'organisation comme une pratique dans laquelle les communautés de migrant·es et d’autres acteur·ices militant·es ou politiques sont les protagonistes du changement, et où l'infrastructure, l'organisation et l'entreprise sont des expériences créatives de gestion et de construction du monde. Joon-Lynn est co-directrice et fondatrice de l'agence de design Migrants in Culture, dirigée par des migrant·es; co-directrice fondatrice de l'entreprise Sex With Cancer, dirigée par des patient·es atteint·es de cancer. Elle a aussi dirigé le programme Civic Futures Fellow 2021-22 pour le Grand Londres. Elle a organisé un programme de réinstallation de réfugié·es syrien·nes avec le conseil municipal de Bristol et Citizens UK (2014-2017).

https://www.joonlynngoh.net/

Les Fé·e·s du Marais (BE)

Le Marais Wiels, le Jardin des Fé·e·s

Il y a bien longtemps, de ce sol jailli l’eau. Bien caché dans le dur béton de la ville, un Marais sauvage (re)prit vie.
Parmi la faune et la flore de ce site industriel atypique, deux Fé·e·s se mirent soudain à virevolter: Fé·e Nyx et Fi Fé·e. Elles furent rapidement rejointes par la Fé·e Do. La curiosité les avait piquées...
Peu importe les projets de destruction des promoteurs immobiliers, de plus en plus de petits êtres ailés apparurent dans ce lieu magique et enchanté. Leur objectif : prendre soin du Marais et de sa riche biodiversité, et avec lui, de résister à notre perte. Au lieu de se battre, les Fé·e·s ont choisi d’agir. Observer, étudier, apprendre, expérimenter, jouer, créer, échanger, rêver... Tout est possible dans le Jardin des Fé·e·s ! Si iels ne sauvent pas le Marais, le Marais, lui, les sauvera.
Les Fé·e·s débuteront l'après-midi en nous présentant le site du Marais Wiels pour que comprendre un peu mieux sur quel territoire nous mettons les pieds.

https://www.facebook.com/groups/maraiswiels/?locale=fr_FR

Atelier par Cuesta (image: Au bout du plongeoir)
Atelier par Cuesta (image: Au bout du plongeoir)

Atelier collectif avec Cuesta (FR) & Anna Czapski (BE)

Pourquoi aimons-nous les lisières ?
Enquête de groupe autour des liens entre démocratie, ville sensible et espaces indéterminés

Cuesta et le Cifas vous invitent à faire tourner les chapeaux de l’expertise de tête en tête bien faite et à partager et à relier les expériences que nous sommes tous·tes en train de construire dans nos différents contextes, en lien avec la thématique du festival.
Réparti·es en petits ensembles, public et intervenant·es, nous allons arpenter le site, chasser des signaux et déterrer des souvenirs. De ceux qui sont toujours là, en nous, parce qu’ils portent en eux un savoir à partager ou de ceux tous droits venus du futur pour nous délivrer un message.
Différents sujets seront de mise, en ricochet avec les interventions de la matinée dans le but d’enquêter ensemble sur les usages de la ville qui défient la norme. 
Sensorialité, matérialité et imaginaire, pour une ville sensible.
Des facteurs qui nourrissent notre capacité collective à bouger ou à rester.
Un temps précieux pour nous rencontrer et s’entendre, un temps pour se lier au site et plonger dans le sujet à partir de ses réverbérations en chacun·e de nous.

Hayley & Bill (image: Rebecca Davies & Anna Francis)
Hayley & Bill (image: Rebecca Davies & Anna Francis)

Jeu/performance de Rebecca Davies & Anna Francis (UK)

YOU SHOULD BE SO LUCKY !

Un nouveau jeu de spéculation et d’immersion qui  déconstruit les structures et les processus de prise de décision. Comment, en tant qu'artistes et citoyens, ne pas avoir à enfourcher le cheval de Troie pour choper une place à la table des négociations qui affectent nos vies ?
Présenté par les célèbres Hayley et Bill, quelque part entre le quizz et le Monopoly. YOU SHOULD BE SO LUCKY ! vous assure un après-midi de frivolité et de dynamisme fiscal.
Le but du jeu, qui se joue en équipe, est d’inventer des projets ou politiques publiques puis de dépenser des budgets fictifs pour les arts et le civisme dans vos communautés respectives. 
Sculpture publique ou jardin communautaire ? Feu d'artifice ou Kate Bush d'un jour ? L'ARGENT EST À VOUS. 
(les conditions générales s'appliquent, vous ne pensiez tout de même pas que cela allait être FACILE, n'est-ce pas ?!!)

Laurent Petit au travail (image: ANPU)
Laurent Petit au travail (image: ANPU)

Performance de Laurent Petit/ANPU (Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine) (FR)

Opération Bêtes de Senne (Le Marais Wiels sur le divan)

Durée du spectacle: environ 51 minutes
Psychanalyste urbain: Laurent Petit Agents de liaison ANPU: Fabienne Quéméneur et Estelle Vilcot

Fondée en 2008, l'ANPU (l'Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine) s'est vu confier la délicate mission de psychanalyser le monde entier. Symbole vivant de la volonté inconsciente de la Nature de reprendre sa place dans la ville, le Marais Wiels pose une double question: comment allons-nous nous réconcilier avec le non-humain tout en logeant les humain·es ? 
Va-t-on devoir retrouver le sens du commun, le sens des communs ou le sens de l’hors du commun? Faut-il dès à présent accélérer le processus de ré-ensauvagement? Mais quid des moustiques et des bactéries? Est-ce que ce ne sont pas encore une fois les blaireaux qui vont avoir le dernier mot?
Nous essayerons de répondre à toutes ces questions au travers d’une conférence labellisée "No electricity".

Après une brève carrière d’ingénieur, Laurent Petit se lance dans le monde merveilleux du spectacle en étant tout d’abord jongleur et clown de supermarché. La rencontre avec Eric Heilmann et ses travaux sur les liens entre Mickey la souris et Michel-Ange vont lui permettre de jeter les bases d’un genre nouveau, le spectacle para-scientifique, genre où le vrai et le faux se mélangent tellement bien que le public finit par en perdre son latin. Au sein de l'ANPU, l'Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine (2008-2058), il psychanalyse plus d'une centaine de territoires dans le cadre d’un ambitieux projet de psychanalyse urbaine du monde entier qui sera présenté cette année via le spectacle World Analysis.
L'or en petit est aussi l'auteur de La ville sur le Divan aux Éditions le Contre-Allée (publié en 2013), Happy Endaux Éditions Wildproject (2021) et À la Soupe! Les 20 ans du festival aux Éditions Invenit (2022).

https://www.anpu.fr/